Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
04 Sep

Laisser retomber les poussières...

Publié par Alice Kara Medium  - Catégories :  #Tribulations...

scene_concert.jpg

 

Bonjour mes anges !!!

 

Vous êtes nombreux à me demander pourquoi je n'écris pas beaucoup en ce moment. La vraie vérité, c'est que je me fais "décaniller" énergétiquement par tout un tas d'énergies qui transitent dans mon espace intérieur. 

 

Les derniers mois, tout est allé si vite que je n'ai pas eu de temps pour laisser reposer les poussières. 

Métaphoriquement, ça s'image à peu près comme un artiste qui monte sur scène. Dans ce moment là où les lumières sont éteintes dans la salle, et qu'il n'a aucune lumière sur lui. Où tout est calme, et que l'on peut voir les poussières de l'agitation retomber tout doucement, comme au ralenti sur le sol. Ce moment ou on voit toutes ces petites particules se poser, où on a le souffle coupé, et où chacun retient son souffle, attendant le moment où tout va commencer, où le silence sera brisé, par un souffle dans le micro, une parole, et où la lumière va de nouveau entrer dans l'espace, pour le remplir. 

Ce moment là où tout s'éteint, pour mieux se rallumer. Pour l'artiste, c'est un moment hors du temps, où tout se bouscule dans sa tête, dans son corps, où tout se met à trembler, où tout s'éveille et tout s'engourdit en même temps. Un moment de pure grâce, mais qui ne s'installe pas, car il y a tant de perceptions qui s'entremèlent. 

Ce moment de profonde solitude, malgré la présence de milliers de personnes toutes proches de lui. 

Je me trouve dans cet espace là. Où mes poussières se posent, je suis comme cet artiste là, sur la scène non éclairée. Dans cet espace où je n'ai plus aucune idée de ce que je suis, plus aucune idée de ce que je vais dire, où je ne me souviens plus des paroles de mes chansons, plus de mon texte, où j'ai l'impression d'être livrée à moi même, sans filet. Avec l'impression que je tombe, en continu, une chute de plusieurs kilomètres dans le vide, qui ne dure que quelques secondes, mais paraissent l'éternité. 

 

Dans ce moment là, on se demande ce qu'on fout là. Qu'est ce qui nous a mené jusqu'à ce moment précis ? 

Pourquoi c'est nous qui poussons les gens à retenir leur souffle eux aussi ?

 

Qu'est ce qu'on fout là dans le noir. A ce moment précis. 

Et on regarde les poussières se poser. On oublie tout. On sait qu'on va devoir briser le silence à un moment donné, mais on aimerait que ce silence là ne prenne plus fin. On aimerait donner vie à ce silence, sans qu'il ne se termine. 

 

Puis les musiciens commencent. La musique s'anime. La lumière se fait. La note vient, et la lumière nous transperce. La voix sort toute seule. 

Le texte qui quelques secondes avant avait filé de nos lèvres nous revient. 

Et il n'y a plus que la musique, et la voix qui file toute seule sur la mélodie. 

Les mots viennent, les phrases s'enchaînent. Les poussières se remettent à voler dans l'air. Le silence se brise, mais on sait qu'il est toujours là, quelque part, derrière les notes, les chuchotements, les applaudissements, ce silence est là. Apaisant, profond, habité. 

 

On sait dans ces moments là, que nous sommes tout, le silence derrière, les mots, les notes, les poussières, les gens. 

On respire de nouveau. Le corps cesse de trembler, la voix se fait au fil des notes de plus en plus assurée. Et la mélodie file. 

 

Ces derniers temps, j'ai eu l'impression de savourer ce moment, de laisser retomber les poussières. Mais en réalité, je ne leur ai pas laissé le temps de se poser au sol, j'ai démarré mes notes trop tôt. Par crainte de ce moment là, où me retrouver seule face à ces pensées. Seule face au silence. 

 

La particularité de ma famille d'âme, les artistes, c'est une grande solitude intérieure. Et aucun n'arrive à éviter ça, parce que la vie lui a donné cette chose là, pour structurer sa personnalité. 

Pour la création, il faut savoir faire face à soi même. 

S'abandonner sur la route. 

Nous sommes certainement la famille d'âme la plus "habitée" de création, mais la plus torturée aussi. 

A l'image de l'humanité qui se torture bien souvent elle même. 

Seul, entouré, mais seul. 

 

Mes poussières se posent en ce moment même. Juste d'avant d'écrire. Juste avant de commencer une conférence. Juste avant une consultation. Je prend le temps de laisser les poussières retomber. A la lueur de mon âme. 

Ce moment que l'on redoute s'avère être le moment que l'on préfère. Son intensité, son absence de sens nous transporte. 

Et le show commence. 

 

La création s'anime. La vie reprend son souffle. Les murmures recommencent. 

C'est un peu comme traverser le tunnel qui nous mène à la mort. La dernière respiration avant de laisser filer une note, qui, bien loin de nous tuer, nous ré-anime. Le coeur s'arrête, et repars, le souffle de vie nous anime de nouveau. 

Moi dans ces moments là, je crois chaque fois que je pourrais mourir. Voir même, je voudrais que tout s'arrête, je voudrais mourir. Mes idées deviennent aussi noires que la lumière qui s'est absentée. Au début, j'ai peur, puis je lâche tout. Mourir, après tout, ça m'est égal. Et c'est avec cet abandon là que la note sort. La vie me revient. La lumière se fait. Et tout se transforme. Je sais ce que je fais là, je sais pourquoi c'est moi qui suis là, je sais ce que je dois dire, je sais pourquoi les gens sont en face de moi à retenir leur souffle ou applaudir, ou me balancer des tomates. 

 

Je ne peux plus me défiler, c'est ce que je dois faire. Je m'oublie. Je SUIS tout simplement. 

Les poussières se posent sur moi, sur tout, s'envolent de nouveau, tourbillonnent, et il n'y a plus juste moi qui les vois. La lumière les met en valeur, les sublime. Tout ce qu'on Est est visible, offert à la vue de tous. Les poussières que l'on aurait voulu garder pour soi, deviennent partie du décor. Elles sont l'âme de ce que l'on montre. 

 

Sans ces poussières, la scène ne serait pas la même, l'instant ne serait pas aussi magique, l'image ne serait pas complète. 

Elles s'intègrent à la scène. Et on sait que ces poussières sont, tout comme nous, de la poussière d'étoile. Cette même poussière qui fait la voie lactée. Elle nous entoure. Nous sublime. 

 

Ces poussières, qui pourraient sembler à première vue comme un truc tout moche, sont ce qui donnent vie au décor, à notre décor. 

 

Laissez les se poser de temps en temps, pour qu'elles puissent sublimer votre décor. Pour qu'elles subliment votre être. 

 

@ Bientôt quelque part mes anges ;)

 

Ps : J'aurais pu utiliser la métaphore du plumeau en forme de plumes d'arc en ciel, qui dépoussière avec les gants de Bree Van De Kamp, mais c'était moins joli hein... :p

 

 

Commenter cet article

Isabelle Cartier-Michaud 05/09/2012 09:58

Bonjour Alice et merci infiniment pour ce texte. J'en ai apprécié chaque mot, chaque bribe, chaque phrase, il m'a émue jusqu'à l'âme. Il est vrai qu'elle est un peu à fleur de peau en ce moment,
tout semble revenir en surface, les bons et les mauvais moments, surtout eux d'ailleurs, ceux qu'on aimerait oublier, voir disparaître à jamais pour laisser place au soleil, à cette lumière si
douce et si rassurante. Mais la vie est ainsi faite que parfois elle vire au cauchemar...J'aimerais vous dire tant de choses...Je suis peintre et tous ces sentiments qui vous traversent je les
ressens chaque fois que je prends le pinceau, toutes ces heures à douter de soi, à espérer donner le meilleur, à attendre le mûrissement, la minute où l'on n'y tient plus et où l'envie fourmille
sous les doigts... Et puis enfin l'abandon de soi, la sensation de ne plus s'appartenir, que quelqu'un d'autre nous habite et nous guide, sentir sa bienveillance nous envahir tout entier, ces
moments là sont magiques, hors du temps, d' une douceur inimaginable... Oubliées les souffrances, oubliés les tourments de petite fille, oubliée la peur qui tue à petit feu. Pouvoir enfin sentir
l'air emplir ses poumons, par grandes bouffées, ne plus toucher terre...
Alice, en plus de votre merveilleux don de médium qui vous permet d'aider les autres, vous êtes pétrie de sensibilité et de sincérité. Nous avons besoin de personnes comme vous dans ce monde à la
dérive. Grâce à vous les choses sont entrain de changer, je vous en remercie humblement. Isabelle

sly 05/09/2012 00:07

:)

Cookie44 04/09/2012 19:10

Un des plus beaux articles de notre chère Alice ! ;)

lore 04/09/2012 16:11

Un écrivain ça fait partie de la famille d'âme des artiste?
ce que tu dis sur la mort, c'est vrai, mais j'oublie de lâcher prise... je vais tenter le coup!^^

Morue 04/09/2012 14:33

Kikou ma belle, un p'tit mot pour te dire que ce texte m'a vraiment parlé... Surtout ça "Seul, entouré, mais seul." C'est exactement ce que je ressens... C'est parfois un peu lourd, mais
finalement, cette solitude particulière, alors même qu'on est très entouré et ce, de diverses manières, je l'aime bien.
Quand à ta métaphore dont tu t'es servie pour en parler, c'est exactement ça, on aurait pas pu trouver mieux pour l'exprimer. Bref, je laisse peu souvent des commentaires, mais j'avoue que là, ce
texte à fait mouche.
Bisous moruesques...

christine 04/09/2012 13:24

Alice ... je vous ai demandé un calin ces jours-ci , mais là du coup c'est moi qui vous envoie un gros gros calin ...
merci pour cet article ! biz +++

Agnès 04/09/2012 13:24

Ouf! Je ne suis pas la seule à sentir cette solitude alors que je ne suis pas seule!
Il paraît que je suis une "créative" (bon, je n'ai pas encore trouvé comment!!^^)
Pareil aussi pour le fait d'être "décanillée"! Je ressents tout un tas d'énergies qui passent autour de moi, m'effleurent, me bousculent, me "rentrent dedans"!
@ bientôt.... :)

Mélie 04/09/2012 13:16

Coucou ! Toujours un bonheur de te lire ^^ mais tu parles souvent des familles d'âmes (famille d'âme des artistes, famille d'âme des médiums...) et ça reste assez abstrait pour moi.

Qu'appelles-tu familles d'âmes ?
Quelles sont toutes les familles d'âmes et comment savoir à laquelle on appartient ?

J'ai cherché un peu sur internet mais difficile de trouver une réponse simple et j'ai l'impression que selon les personnes chacun donne des catégories différentes qui ne correspondent pas (pour
certains il y a 4 familles, pour d'autres 8, pour d'autres encore 13... et qui ne sont jamais les mêmes... du coup c'est un peu confus).

As-tu prévu d'écrire un article sur le sujet ? Personnellement ça m'aiderait bien lol

Biz

Nhã 04/09/2012 11:48

Je suis votre blog régulièrement et assez égoistement je suis contente que vos poussières aient touchés le sol car cela fait plus d'un mois que j'ai commandé une consultation et j'attends avec
impatience un mail de votre part me donnant une date :p

Archives

À propos

La vie "presque" ordinaire d'une incorrigible provocatrice de sourires, agitatrice de consciences... Et ses tribulations !